
Le système de défense aérienne à courte portée AD-08 Majid de l’armée de terre iranienne, qui a remporté un immense succès lors de la guerre de 40 jours contre l’Iran, a abattu des avions de combat F-15E Strike Eagle, des avions d’attaque au sol A-10C Thunderbolt II et de nombreux drones MQ-9 Reaper et Hermes 9000. C’est un système similaire qui a également endommagé un avion de combat furtif F-35A et occasionné des blessures par shrapnels au pilote.
Ce système de défense aérienne utilise un système de guidage par imagerie infrarouge passive ; comme il n’émet pas d’ondes radar, il est très difficile à détecter ou à repérer par les moyens de reconnaissance électronique.
Ce système de défende aérienne de courte portée a été testé pour la première fois lors de l’exercice militaire « Défenseur des cieux de Velayat1400 », mené conjointement par l’armée iranienne et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) en octobre 2021. Ce système de missiles sol-air de courte portée a été conçi initialement pour intercepter et détruire les drones, les missiles de croisière, les hélicoptères et les cibles aériennes volant à basse altitude.
Le missile utilisé par le système de défense aérienne AD-08 Majid peut atteindre des cibles situées à une distance comprise entre 700 m et 8 km et à une altitude comprise entre 20 m et 6 km. Le missile a un diamètre de 156 mm, une longueur de 2 670 mm et un poids total de 75 kg.
La campagne de suppression des défenses aériennes iraniennes A2/AD menée par la coalition dirigée par les États-Unis n’a pas permis d’anéantir le système de défense aérienne de l’Iran, lequel a été totalement désactivé durant vingt jours consécutifs pour amortir l’assaut frontal et préserver la plupart des systèmes cachées sous terre.
Si vous avez suivi les images diffusées depuis le Levant et le golfe Persique ces dernières 48 heures, vous avez sans doute vu, comme nous, les mêmes messages triomphants provenant de sources de l’armée israélienne (IDF) et du CENTCOM : des images FLIR granuleuses montrant des bombes antibunker transformant des abris blindés d’avions en cratères, et des déclarations affirmant que la « suprématie aérienne totale » a été atteinte. Le discours officiel laisse entendre que l’armée de l’air iranienne n’est plus qu’un amas d’épaves noircies par le feu.
Mais si l’on examine de près les images satellites prises de jour et le trafic enregistré sur les réseaux de suivi de l’aviation militaire, les faits ne concordent pas. Au-dessus du sud du massif du Zagros, des F-4 Phantom II — dont la cellule est plus vieille que les pilotes qui les pilotent — continuent de manœuvrer près de leur circuit d’approche. Des MiG-29 continuent de décoller en urgence. Le rugissement des postcombustions au-dessus de Bushehr n’a pas cessé.
Ce à quoi nous avons assisté n’est pas l’anéantissement d’une force aérienne du Tiers-Monde. Nous avons assisté en direct à l’épanouissement de la doctrine de la survie asymétrique — et, pour être franc, c’est un signal d’alarme quant à la manière dont les guerres aériennes modernes contre des puissances isolées seront menées à l’avenir.
L’armée de l’air clandestine
Pour une superpuissance comme les États-Unis, habituée à transformer les pistes d’atterrissage ennemies en paysages lunaires en moins de 72 heures, l’Iran pose un problème architectural extrêmement frustrant.
La clé de voûte de la stratégie de survie de l’Iran n’est pas un système SAM russe sophistiqué, mais bien la géologie. Nous avons des informations de plus en plus précises concernant la base aérienne souterraine Oghab 4 (Aigle 4) située dans le secteur Sud. Il ne s’agit pas ici d’abris renforcés d’une couche de béton de 300 mm d’épaisseur. Il s’agit d’installations creusées littéralement dans la montagne. À Oghab 4, les images suggèrent des tunnels suffisamment vastes pour engloutir un avion d’attaque Su-24MK aux ailes déployées. L’échelle est déconcertante : les F-4 de 19 mètres de long ressemblent à des jouets moulés sous pression à l’intérieur de ces cavernes. La coalition US peut larguer autant de bombes GBU-72 qu’elle le souhaite sur l’entrée, mais les ondes de choc sismiques qui dévastent les infrastructures de surface sont absorbées par des millions de tonnes de roche.
À moins d’envoyer des fantassins nettoyer ces tunnels comme s’il s’agissait de trous d’araignées des Viet Cong lors de la guerre du Vietnam– bonne chance avec cela car c’est carrément mission impossible et sans retour –, les appareils de l’armée de air iranienne restent intacts. Ils se contentent d’attendre que la fameuse phase de choc et d’effroi passe, puis réapparaissent pour combattre un autre jour.
Cela nous amène à l’aspect le plus raffiné – et, pour être franc, hilarant – de cette nouvelle doctrine : l’armée de leurres. Internet regorge de blagues sur le fait que l’Iran aurait importé près d’un million de chars et d’avions gonflables auprès de fournisseurs chinois. Il est facile de se moquer de l’idée que l’US Air Force gaspille un missile AGM-114 Hellfire à 400 000 dollars sur un ballon à air chaud en forme de Mi-17. Mais si vous considérez cela d’un point de vue logistique stratégique, vous ne devriez pas rire. Vous devriez prendre des notes.
L’analyse des images satellites montre que les récentes frappes menées conjointement par Israël et les États-Unis ont touché une cible dans le désert. Les médias d’État iraniens le reconnaissent d’ailleurs. Mais les données indiquent également que les avions remorqués hors de la base d’Oghab 44 quelques jours seulement après la frappe sont exactement les mêmes F-4 et MiG-29 opérationnels que nous avions identifiés avant que les bombes ne tombent.
Avez-vous observé que les États-Unis et Israël n’utilisaient plus des munitions rares et onéreuses après la 10e journée de guerre?
Les calculs de guerre sont généralement impitoyables pour le pays soumis à un embargo. Il en coûte 3,5 millions de dollars à l’Occident de tirer un missile de croisière. Il en coûte environ 40 000 dollars à l’Iran de construire un F-14 gonflable convaincant, équipé d’un élément chauffant pour tromper les capteurs infrarouges.
Si l’Iran expose 1 000 avions en caoutchouc au soleil et que les États-Unis utilisent 1 000 armes à longue portée pour les détruire, les États-Unis n’ont pas « gagné » l’échange ; ils ont épuisé leurs réserves de munitions tandis que la force aérienne adverde sirote du thé sous terre. Il s’agit là d’une forme radicale d’usure économique et logistique.
Au-delà des déclarations triomphalistes US et israéliennes dès J+1, nous avons clairement affaire à un nouveau système de défense asymétrique et probablement pas aussi inefficace que prévu.
La « défense en mosaïque » et la survie décentralisée
Il ne s’agit pas simplement de cacher des avions et de jouer avec des ballons. Comme l’ont souligné les analystes en matière de défense qui couvrent la campagne « Epic Fury », l’Iran s’est entièrement tourné vers une stratégie de défense décentralisée de type mosaïque. Ils ont étudié avec minutie la stratégie américaine mise en œuvre en Irak et en Libye. Ils savent que la première mesure d’une superpuissance consiste toujours à neutraliser les centres de commandement et de contrôle.
Au lieu de lutter contre cette centralisation, les iraniens ont misé sur la fragmentation. L’armée de l’air et la branche aérospatiale du Corps des gardiens de la révolution islamique ont réparti leurs moyens entre 31 commandements provinciaux. Même si l’on coupe la tête du serpent, le corps continue de se tordre. Ces bases souterraines ne sont pas de simples hangars ; ce sont des nœuds opérationnels indépendants dotés de leurs propres capacités de commandement, de contrôle et de maintenance. Lorsque la coalition US élimine les dirigeants ou détruit les principaux radars, ces escadrons de montagne peuvent toujours effectuer des sorties.
Pendant des décennies, les experts militaires ont estimé qu’un pays du tiers-monde soumis à un embargo ne pourrait pas résister plus de 96 heures à une campagne aérienne menée par une coalition occidentale. L’Iran est en train de réécrire ce scénario en temps réel. Il a mis en lumière une vérité dérangeante de la guerre du XXIe siècle : la furtivité et la précision sont réduites à néant si la cible se trouve soit à 300 mètres sous une montagne, soit s’il s’agit d’un ballon de fête à 50 dollars.
C’est le nouveau visage de la guerre asymétrique. Il ne s’agit pas simplement d’envoyer un drone bon marché s’écraser sur un char de bataille lourd. Il s’agit de contraindre la superpuissance à détruire sa propre base industrielle en poursuivant des chimères. L’armée de l’air et le système de défense aerienne iraniens n’ont pas « survécu » aux frappes US et israéliennes parce que ses défenses aériennes étaient invincibles. Elle a survécu parce qu’elle a refusé de jouer le jeu selon les règles de la superpuissance.
Le ciel iranien reste disputé, non pas par la technologie, mais par la poussière, le caoutchouc et la patience.
C’est la leçon militaire la plus importante de l’année 2026.
Photographie d’illustration: hélicoptère d’attaque MI-28NE au sol quelque part en Iran, apparu après le cessez-le-feu (Avril 2026)







Répondre à FoxhoundAnnuler la réponse.