Dans la drôle de guerre en cours dans le Golfe persique et plus précisément dans le détroit stratégique d’Hormuz, une spirale de coups par coups s’est installée sur fond d’un cessez-le-feu que personne n’est plus en mesure de définir comme tel. C’est de la « Novlangue » appliquée: la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force et dans le cas de figure géopolitique actuel au Moyen-Orient, le cessez-le-feu est une poursuite des combats.

Lors du dernier round, un hélicoptère d’attaque américain Apache AH-64 Guardian ou sa variante du Corps des Marines en mission de reconnaissance pour traquer les fameuses petites embarcations rapides de la marine du CGRI a été abattu par l’équipage d’un système de défense aérienne de courte portée AD-08 Majid particulièrement motivé puisqu’ils avaient juré de venger la mort de deux des leurs dans un raid américano-israélien ayant visé un site industriel chimique.

L’hélicoptère d’attaque Apache AH-64, indicatif d’appel « Viper 23 », effectuait une mission de surveillance de surface de depuis la base navale expéditionnaire USS Lewis B. Puller lorsqu’il a été touché à basse altitude par des fragments (shrapnels) peu après 2300Z. Un missile Surface-Air tiré par un système AD-08 Magid iranien avait explosé à proximité de l’appareil. Les deux pilotes, d’abord sont portés disparus, ont été retrouvés et secourus en mer par des drones navals relevant de la Task Force 59, principale unité de drones et de systèmes autonomes du CentCom.

Le système de défense aérienne à courte portée iranien de type Majid s’est avéré particulièrement redoutable dans ce conflit. Il s’agit d’un système de missiles à guidage électro-optique monté sur camion ou autre plateforme qui ne dégage aucun signal radar et peut être guidé par des capteurs infrarouges passifs de recherche et de poursuite.

Le système de défense AD-08 Majid a un plafond d’environ 4 500 mètres, mais il est spécialement conçu pour ce type d’embuscade : un hélicoptère volant à basse altitude et à faible vitesse dans un environnement électromagnétique encombré, où le premier signe de danger est l’éclat d’un moteur de missile. Le tir aurait été effectué depuis une position dissimulée sur l’île de la Grande Tunb, en Iran, plaçant ainsi l’Apache bien à l’intérieur de la zone d’engagement du système, comprise entre 8 et 10 km.

Washington ne pouvait pas laisser la perte de l’Apache sans riposte. À l’aube, des F/A-18E Super Hornets embarqués sur le porte-avions USS Carl Vinson ont frappé deux cibles sur l’île de Greater Tunb : le site de lancement présumé de Majid et un poste radar mobile qui avait probablement transmis des données à l’équipe chargée du tir du missile. Les médias d’État iraniens reconnaissent des « dégâts matériels », mais affirment qu’il n’y a eu aucune victime. Les États-Unis qualifient cette action de « riposte défensive proportionnée et nécessaire ».

D’autres raids aériens US ont visé des bases iraniennes dans le Sud, entraînant le tir de missiles balistiques iraniens sur les bases US dans la région dont les effets sont passés sous silence.

Tout cela n’interrompt pas le cycle ; elle le perpétue.

Il s’agit d’une succession sans fin d’erreurs stratégiques. Ce n’est pas une escalade soigneusement orchestrée. C’est plutôt une série d’erreurs de jugement qui s’accumulent, car chaque camp part du principe que l’autre cédera à la prochaine étape.

L’erreur de l’Iran réside dans sa conviction qu’une embuscade contrôlée et niable, menée à l’aide d’un système guidé par imagerie, permettrait d’afficher sa détermination sans franchir la ligne rouge américaine. Le problème ? Un Apache est un hélicoptère piloté ; sa perte modifie instantanément l’équation politique, obligeant la Maison Blanche, qui avait accepté et avalé malgré elle la destruction de dizaines de drones MQ-9 Reaper, à faire désormais preuve de fermeté. Les factions internes de Téhéran — députés du Parlement, Corps des Gardiens de la Révolution Islamique, armée régulière — se disputent toutes le mandat de « vengeance sacrée », créant ainsi une dynamique où la désescalade devient politiquement explosive.

L’erreur des États-Unis réside dans le fait qu’ils continuent de considérer le détroit d’Hormuz comme un environnement propice aux patrouilles aériennes avec des hélicoptères, tout en omettant de neutraliser les réseaux denses et multicouches de capteurs et de systèmes de tir que l’Iran a mis en place sur les îles depuis plus d’une décennie. Envoyer un hélicoptère d’attaque Apache dans le détroit sans couverture aérienne pour neutraliser les menaces maritimes de la flotille de bateaux mouches du CGRI revient à rouler en décapotable sous une averse de grêle et à s’étonner que le pare-brise se fissure.

Pire encore, ces attaques américaines et israéliennes offrent à Téhéran un nouveau cri de ralliement. Elles permettent que toute la colère puisse être dirigée directement contre le « grand Satan » et le « petit Satan ». Un excercive cathartique pour des iraniens en colère criant vengeance.

C’est une spirale de feu. On appelle cela un cessez-le-feu en 2026.


2 réponses à « La drôle de guerre et la spirale de feu »

  1. Savez-vous par quel miracle les deux pilotes de l’hélicoptère s’en sont sortis ?

    1. Il semble qu’ils ont été sauvés par un nouveau système d’éjection à l’horizontale ou vers le bas.

Commentaires

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