L’un des principaux chefs militaires de la solide guérilla qui est en train d’infliger de très lourdes pertes à l’Armée égyptienne est un ancien commando âgé de 43 ans dénommé Al-Ashmaoui et portant une multitude de surnoms.
En moins d’un mois et pendant que le Président maréchal Al-Sissi était reçu en grandes pompes à Paris, plus de 570 soldats et policiers égyptiens sont morts dans des attaques et des embuscades menées par des groupes armés au Sinaï mais surtout près des frontières avec la Cyrenaïque (Libye orientale).
Un des leaders de ces groupes, regroupés sous une alliance dénommée Hazm (Détermination), Al-Ashmaoui, un ex-commando égyptien congédié de l’Armée pour ses sympathies avec l’Islamisme armé, s’est d’abord battu en Libye puis en Syrie, notamment aux côtés du Front Ennosra (ex-AlQaïda au Levant) puis au sein de l’Instance de libération du Levant, deux organisations terroristes soutenues par l’Otan. Déçu par l’évolution du cours de la guerre en Syrie, Al-Ashmaoui est retourné en Égypte après le putsch militaire ayant déposé le président Mohamed Morsi (confrérie des Frères musulmans) et placé le général Al-Sissi à la tête du pays avec la ferme conviction de se venger.
Profitant du désordre absolu en Libye, Al-Achmaoui reprend contact avec ses anciens compagnons d’armes libyens et tunisiens, et s’approvisionne en armes lourdes d’un dépôt d’armes près de Benghazi. Cette base fut pour un temps utilisée par la CIA et les bérets verts US comme zone de transit d’hommes et d’armements vers la Syrie avant la prise d’assaut du consulat americain de Benghazi et le massacre de l’ambassadeur US Chris Stevens ainsi que quatre opérateurs des forces Delta. Un scandale dont lequel est impliquée Hillary Rodham Clinton, l’ex-Secrétaire d’État sous l’administration Obama.
Les armes en vente libre des arsenaux libyens donnent du fil à retordre aux forces armées égyptiennes, une des plus fortes armées du continent africain. Forts de leur expérience en Syrie, les groupes armés ont vite appris à adopter des tactiques d’une redoutable efficacité pour contrer les blindés et hélicoptères d’attaque égyptiens. Ils arriveront même à endommager et à couler des bâtiments de surface de la marine égyptienne.
Du côté officiel égyptien, il s’agit de lutte antiterroriste et les pertes humaines enregistrées au sein des forces de police et militaires demeurent marginales, voire insignifiantes au regard de la démographie du pays (le mépris légendaire des élites égyptiennes pour le « bas peuple » ne s’est jamais affaibli).
En dépit d’une répression des plus féroces et l’usage systématique de la torture la plus atroce qui soit, les exécutions sommaires des suspects, les punitions collectives, les viols des enfants proches des individus recherchés, la détention arbitraire et la torture des témoins, les opérations armées gagnent en intensité. En réalité et cela s’est déjà vérifié dans nombre de conflits asymétriques, c’est la répression aveugle qui renforce et alimente la guérilla. C’est le cycle sans fin de la haine et des représailles.
Au milieu du blackout ou de la propagande gouvernementale égyptienne, toujours aussi lourde et caricaturale, s’est détachée la figure d’Al-Achmaoui, à la fois redouté et applaudi par les milliers de proches des victimes de la répression. En Égypte, les mythes naissent vite et perdurent. Un ex-commando donné pour mort à plusieurs reprises en est un aux yeux de milliers de laissés pour compte d’une Égypte corrompue et économiquement exsangue mais qui se permet d’acquérir des avions de combat Rafales…avec un financement saoudien car pour Ryad, pas question de laisser l’Égypte sombrer.






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