Il semble que tous les indicateurs actuels convergent sur une fin de la première guerre mondiale hybride en cours ayant mis fin à toute velléité d’hégémonie et réduit le concept de superpuissance à un élément de phraséologie sans relation avec le monde réel.
Le déclin mondial a entraîné tout le monde dans la chute. Aucun pays n’en est épargné. L’ancien monde dit libre pour paraphraser une formule propagandiste assez fameuse durant la guerre froide 1.0 est mort. Les États-Unis possèdent encore un formidable outil militaire et le monopole de la surveillance universelle mais leur situation et celle de leur alliés vassaux n’ont jamais été aussi proches du seuil critique en deçà duquel l’effondrement devient bruyant. La Russie annoncée comme moribonde a non seulement tenu mais a montré que l’on ne peut jamais être certains d’une victoire ou d’une défaite avec les Russes. La Chine s’en tire assez bien jusqu’ici en dépit de ses carences structurelles et se montre assez pragmatique pour jouer avec un grant de velours une partition en solo. En face, il n’y a plus rien. Ou bien si, un vacarme médiatique et informationnel cachant à peine la grande débâcle généralisée.
La première guerre mondiale hybride se terminera pas un ni vainqueurs ni vaincus sur fond de débâcle universelle. Les structures de domination issues de la seconde guerre mondiale se sont dissous de facto. Le reste est une question de résiliences et de traditions. Or celles-ci semblent plus ancrées en Europe que dans le nouveau monde. Ce dernier dispose toutefois de suffisement de puissance militaire pour relancer une autre partie. Dans un système dont l’économie est basée sur le cycle guerrier, il est totalement impossible de demeurer dans cet état de ni guerre ni paix.
Le système financier mondial est un schéma de Ponzi fort perfectionné. Il sert à enrichir des castes réservées. Dans ce schéma, la chute des États Nations importe moins que le profit permanent à partir du néant.
La crise démographique aura raison de la Russie et de pays comme Türkiye (dont l’ambition impériale semble désormais démesurée par rapport à son statut) comme elle a eu raison d’une Europe ruinée si l’on se réfère aux paramètres économiques traditionnels (mais pas du tout ruinée selon la nouvelle économie virtuelle). Les pays d’Europe sont condamnés au populisme comme l’est un dépressif à l’égard de sa bouteille de Whiskey (si jamais il peut encore se la permettre, ce qui sera de moins en moins le cas).
La bulle spéculative basée sur le nouveau dada de l’intelligence artificielle (un produit comme l’empreinte Carbone et autres trouvailles pour se créer des niches de fermier général dans l’acception de l’ancien régime) est aussi éphémère qu’intenable. C’est à la limite de l’arnaque universelle. Le monde s’est écroulé et désormais tous les excès sont possibles. Le populisme, le totalitarisme démocratisé, la démagogie, les élections truquées intelligentes ou pas, la désinformation la plus crasse et la prolifération des contenus abrutissants sont la nouvelle religion des peuples pour la seconde moitié du 21e siècle.
Plus aucune puissance n’a les moyens de sa politique.






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