Depuis la reprise de la guerre en Ukraine en 2022, tous les belligérants savaient qu’il y avait ce que l’on est forcés de qualifier de ligne rouge côté occidental sans toutefois pourvoir le préciser avec certitude. Bien que relevant de la surenchère visant à obtenir une avancée dans des négociations de businessmen, la menace du président US Donald Trump de frapper directement la Russie si cette ligne rouge non spécifiée est franchie n’étonne guère. On savait par exemple que toute avancée militaire russe éventuelle vers Odessa ou Dnipro était susceptible de provoquer une intervention US directe impliquant une escalade nucléaire tactique puis stratégique. Cette ligne rouge n’est donc pas uniquement le Dniepr actuellement mais les plaines vides menant au Donbass.
Les menaces US s’inscrivent dans l’escalade scalaire justifiant à posteriori un déploiement militaire à travers plus de 800 bases militaires disséminées dans le monde entier. C’est qui change est le principe de la roue libre. Les États-Unis se comportent exactement comme un tigre du Bengale blessé par balle.
Un autre aspect relevé par nos homologues est relatif à la perception de faiblesse que renvoie à ses ennemis l’incapacité de la Russie à venir à bout d’un conflit qui s’étale en opposition avec les vieux axiomes de la stratégie militaire. Dans le chapitre II de son « Art de la Guerre », le stratège chinois antique Sun Tzu écrit : « Il ne s’est jamais vu qu’une guerre prolongée profitât à aucun pays. » Cette maxime résume sa philosophie : les opérations éclairs préservent les forces et évitent l’usure mutuelle. La stratégie russe semble depuis 2022 à l’encontre de tous les principes énoncé par Sun Tzu depuis plus de 25 siècles tandis que celle de Washington semble les suivre de façon scrupuleuse.
Il est à observer que cette fois la Russie a réussi à bien gérer un de ses points les plus faibles, cause de la chute de la Russie tsariste puis de l’Union soviétique: l’économie. Et cela est d’autant plus étonnant que ce domaine a toujours été le talon d’Achille de Moscou. Cette capacité de résilience sur le front économique contraste avec l’effondrement des économies réelles beaucoup plus importantes aux États-Unis et en Europe en dépit d’un maquillage lourd en termes de statistiques de guerre hybride (aucun chiffre n’est vrai ou réel et toutes les statistiques sont manipulées) et de spéculation boursière effrénée.
Les menaces de Trump de frapper la Russie sont-elles réelles ou relèvent-elles du poker menteur autour d’une table de Saloon? On est tentés de privilégier le poker menteur mais il est clair que tous les belligérants actuels de la guerre en Ukraine et ils sont bien plus nombreux que le disent les médias de propagande noire, vont finir par se « rentrer dessus ». D’ailleurs tous se préparent à cette éventualité à court terme (deux à cinq ans) du mieux qu’ils peuvent.
La culture du rendez-vous à OK Corral va finir par tout emporter.






Commentaires/Discussion