Les bombardements US de grande ampleur sur l’île de Kharg et le port de Bouchehr étaient attendus depuis le début de la guerre majeure en Asie occidentale.

Le détroit d’Ormuz reste de fait fermé en raison du blocus militaire imposé par l’Iran, ce qui précipite une crise énergétique mondiale sans précédent, tandis que les États-Unis intensifient la pression militaire en menant un raid aérien de grande envergure sur l’île de Kharg et en déployant des forces supplémentaires, dans un contexte de diplomatie internationale moribonde et de forte volatilité des marchés.

Cette escalade vise essentiellement la principale source de revenus de l’Iran et sa capacité à exercer son influence dans la région, le moment choisi par Trump pour annoncer ce qu’il a appelé « la plus grande frappe militaire dans l’histoire du Moyen-Orient » ayant été soigneusement calculé afin d’en maximiser l’impact géopolitique et sur les marchés boursiers.

En ciblant l’île de Kharg, les États-Unis veulent que l’Iran abandonne le blocus du détroit d’Hormuz, sous peine de voir son atout économique le plus vital réduit à néant. Cependant si les États-Unis venaient à détruire les installations d’hydrocarbures de cette île clé pour l’économie iranienne, cela inciterai l’Iran a cibler toutes les raffineries et les complexes gaziers de la région. Ce sera un saut dans l’inconnu avec des prix du pétrole et du gaz qui atteindront des niveaux jamais atteints auparavant.

Dans un autre registre toujours lié à ce conflit, la perte d’un avion ravitailleur KC-135 Stratotanker au-dessus de l’Irak occidental, revendiqué officiellement par des groupes paramilitaires irakiens pro-Iran (lesquels revendiquent un second avion KC-135 qui aurait atterri en Israël) ont été précédés par la perte de cinq avions similaires sur la base aérienne US de Prince Sultan en Arabie Saoudite. Le Wall Street Journal a confirmé le ciblage des avions de ravitaillement en vol de l’US Air Force en Arabie Saoudite par des missiles iraniens.

Les États-Unis sont tentés par une opération amphibie sur le littoral iranien jouxtant le Koweït et on observe des mouvements dans ce sens.

La destruction ou les dommages infligés aux radars au sol du dispositif de défense balistique protégeant Israël en Jordanie et en Arabie Saoudite a considérablement intensifié le rythme des opérations des systèmes de détection et de contrôle aéroportés E-3 Sentry (AWACS) au-dessus du Moyen-Orient. Les AWACS survolent en nombre sans précédent la Jordanie, le nord de l’Arabie saoudite, le sud de l’Irak la Méditerranée orientale. Ces opérations reposent sur des ravitaillement en vol continues toutes les 4 à 6 heures. Les AWACS ne peuvent remplacer les THAAD détruits.

La guerre ne semble pas prête de s’arrêter avec ou sans l’ile de Kharg et même en cas d’une tentative de débarquement amphibie US.


One response to “Bombardement de l’île de Kharg et révélations timides sur des pertes”

  1. Il se dit que les frappes US sur Kharg ont visé juste à côté des installations pétrolières. Je ne sais pas si c’est vrai, mais il est envisageable que les USA cherchent à tout prix une sortie de crise, au point d’avoir pris contact avec la Russie pour éventuellement jouer les intermédiaires. Ils sont sur un fil pour plein de raisons, mais ne tiendront pas leur bourse à l’équilibre très longtemps, et vont devoir se rendre en Chine en fin de mois pour un premier grand point d’étape de la guerre commerciale, avec quelques boulets aux pieds. La lecture des évènements est très compliquée, parce tout peut basculer dans un sens ou un autre.

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