Nous sommes presque au milieu de l’année 2026 et six ans après la crise mondiale du Covid-19, la carte sanitaire mondiale continue de connaître des alertes orange à rouge dans différentes régions du globe. Après une résurgence de cas de rougeole d’un nouveau type et d’angines persistantes sans fièvres d’origine virale dans le pourtour méditerranéen, il est désormais impossible d’ignorer la nouvelle souche d’Ebola en Afrique australe.
La déclaration par l’Organisation mondiale de la santé d’une urgence de santé publique de portée internationale concernant la souche d’Ebola Bundibugyo en République Démocratique du Congo et en Ouganda n’est pas seulement un signal d’alarme humanitaire : c’est un véritable détonateur géopolitique en attente. Nous sommes ici en présence d’une souche dont le taux de létalité pourrait atteindre 50 %, pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Au-delà de la crise immédiate, une question plus discrète et plus inquiétante mérite d’être posée: assistons-nous à une accélération fondamentale de l’évolution virale, et si oui, qu’elles sont les causes de cette soudaine accélération que l’on observe ces dernières années?
Ceux qui connaissent un peu ce site se rappellent de l’époque de la crise du Covid et comment on a été catalogués comme conspirationnistes pour avoir osé poser des questions et abordé ce sujet de manière philosophique. On l’avait payé fort cher à l’époque avec quasiment une disparition forcée de la plateforme. Il est clair qu’il y a eu une censure lourde sur un sujet hautement scientifique et c’est en 2020 que toutes nos certitudes établies sur la médecine-laquelle n’a jamais été et n’est pas une science mais plutôt une pratique, ont été ébranlés au plus haut point. Ce sujet nous concerne tous puisque nous avons subi ou nous subirons tout à un moment ou un autre l’un de ces agents pathogènes en constante mutations et dont les effets sont de plus en plus asymptomatiques. Il nous est donc impossible de ne pas aborder ce sujet devenu tabou des tabous.
Les principes établis de la virologie reposent sur un équilibre très incertain et dans tous les cas de figure fort fragile. On nous a appris que les virus hautement mortels épuisent généralement leurs hôtes trop rapidement pour permettre une transmission durable. Pourtant, nous observons que des agents pathogènes comme Ebola deviennent plus résistants, établissant des chaînes de transmission persistantes dans les zones de conflit où la mobilité et l’instabilité brouillent les lignes de confinement. Plus généralement, les cliniciens constatent partout une augmentation des épidémies silencieuses — des souches se propageant efficacement avant que des symptômes reconnaissables ne déclenchent l’alerte — ainsi qu’une hausse inquiétante des syndromes auto-immunes post-viraux qui persistent longtemps après que la menace aiguë a disparu.
Cela laisse supposer que quelque chose accélère le taux de mutation ou élargit le champ d’action évolutif des agents pathogènes. La recherche d’explications nous conduit en terrain glissant, là où la biologie et les zones d’ombre géopolitiques se chevauchent.
L’hypothèse du « naturel++ » a gagné du terrain au sein de la communauté scientifique. Si les mutations aléatoires et la sélection naturelle restent les fondements de cette théorie, le rayonnement de fond — notamment les rayons cosmiques provenant de supernovae lointaines qui pénètrent profondément dans la biosphère — exerce une pression mutagène constante de faible intensité qui pourrait influencer subtilement la diversité virale. Par ailleurs, des facteurs de stress environnementaux tels que la pollution industrielle et les substances chimiques ionisantes peuvent affaiblir les barrières immunitaires de l’hôte, tandis que les modifications épigénétiques de la fonction immunitaire, en particulier chez les populations post-pandémiques, pourraient créer de nouvelles pressions de sélection favorisant l’adaptation virale.
Mais l’approche géopolitique nous oblige à prendre en compte le facteur humain.
Le débat sur la recherche sur le gain de fonction (GoF) a dépassé le cadre des revues universitaires pour atterrir directement sur les bureaux des agences de renseignement. Le directeur du Renseignement National US mène actuellement une enquête sur plus de 120 laboratoires biologiques à l’étranger, dont beaucoup se trouvent dans des régions sensibles sur le plan géopolitique, afin de déterminer quels agents pathogènes ils détiennent et quelles expériences ils mènent.
Nous avons là un indice de variation. Quels sont ces pays menant ce type de recherches?
La principale préoccupation est que les recherches visant à anticiper les menaces pandémiques — en modifiant délibérément des virus pour en comprendre la transmissibilité ou leur capacité à échapper au système immunitaire — puissent devenir la source même de ces menaces en cas d’échec des mesures de confinement ou de laxisme dans la surveillance.
Le spectre de la recherche « à double usage » — une science pouvant être considérée à la fois comme un moyen de préparation en matière de santé publique et comme un modèle pour la fabrication d’armes biologiques — alimente la méfiance entre les grandes puissances, sapant ainsi la confiance indispensable à la coopération en cas de pandémie. Cette affirmation nous avait valu une condamnation exemplaire en 2022 et pourtant elle relève d’une analyse rationnelle d’une situation qui paraissait irrationnelle à l’époque.
Pour compliquer encore davantage la situation, on observe des cas avérés où des mutations génétiques, associées à une infection virale, déclenchent des réactions auto-immunes graves et sans précédent. Ces cas explosent un peu partout et les médias en parlent peu. Des patients présentant des profils génétiques spécifiques, infectés par des virus en apparence courants, développent des réactions inflammatoires systémiques potentiellement mortelles qui n’avaient jamais été observées auparavant. Cela laisse entrevoir une interaction plus complexe entre notre propre génome et le monde microbien — une interaction que nous commençons à peine à comprendre et que peut-être on n’avait jamais bien compris.
C’est là que réside le nœud du problème : la biosécurité relève désormais de la sécurité nationale des États-Nations.
Lorsqu’un pays finance ou héberge un laboratoire de haute sécurité, il affiche une ambition scientifique, mais s’expose également à des risques. Ces installations peuvent être « menacées « en cas de conflit , ce qui pourrait entraîner la dissémination d’agents pathogènes modifiés ou collectés dans des environnements chaotiques.
Même la simple perception qu’une nation rivale cherche à se doter de capacités biologiques offensives sous le couvert de la recherche défensive peut déclencher une course aux armements déstabilisante dans l’ombre.
Bien plus que le Hantavirus, la crise de Bundibugyo constitue un véritable test de résistance dans le monde réel. Elle met en évidence le fossé qui sépare les agents pathogènes auxquels nous sommes préparés de ceux qui apparaissent sans crier gare et ils sont non seulement de plus en plus nombreux mais de plus en plus atypiques.
En l’absence de vaccin et de traitement, la riposte repose sur des mesures rudimentaires telles que la quarantaine et la recherche des contacts — des méthodes qui s’avèrent rapidement inefficaces dans les zones urbaines et les territoires disputés où ce virus circule.
On ne peut pas réduire chaque mutation à une preuve irréfutable obtenue en laboratoire P4, ni attribuer chaque épidémie à une transmission naturelle. La réalité est bien plus inquiétante : la conjonction de la dégradation de l’environnement, de la situation immunologique des populations humaines et de la diffusion mondiale de recherches potentiellement risquées pourrait créer un terrain propice à une évolution virale susceptible de mener un jour à l’Apocalypse des zombies.
La fonte des glaciers dans les zones arctiques pourraient libérer des vecteurs pathogènes inconnus en hibernation depuis des dizaines de milliers d’années. Des laboratoires s’y intéressent de très près. Du moins autant que pour les vecteurs connus ou communs objets de mutations. C’est le jeu de la roulette russe.
La situation sanitaire mondiale n’est pas en mesure d’absorber le moindre nouveau choc pandémique. C’est un haut potentiel pour la fabrique de la peur. C’est également un potentiel élevé de profit.






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