La première alliance militaire au Moyen-Orient depuis le pacte de Baghdad est désormais une réalité.
Riyad a célébré l’Accord de Défense conjoint de La Mecque avec le Pakistan et la Turquie en illuminant ses monuments emblématiques.
Sans trop savoir si c’est pour brouiller les pistes, faire diversion, tromper ou pour troller, le ministre israélien chargé de la diaspora, Amichai Chikli, a qualifié ce pacte d’évolution très dangereuse et a appelé à un renforcement des liens déjà étroits avec la Grèce (État membre de l’OTAN), Chypre (colonie de la tech israélienne et base de l’OTAN), les Émirats Arabes Unis (poids lourd financier impliqué dans tous les conflits de la région MENA et au-delà) et le Somaliland (entité non reconnue).
Sans surprise, l’Arabie saoudite a bloqué la demande d’adhésion de l’Égypte à l’alliance tripartite malgré les pressions d’Ankara en faveur d’une inclusion égyptienne vu le poids, sur le papier, de l’Égypte dans la région.
Les responsables de Riyad ne cachent pas leur perception négative de l’Égypte en raison de sa proximité avec les Émirats Arabes Unis. Les dirigeants saoudiens voient Le Caire comme un partenaire peu fiable et dépendant de l’aide étrangère. Ils condamnent surtout son alignement étroit sur les Émirats Arabes Unis. Des sources saoudiennes laissent cependant entendre que l’Égypte pourrait rejoindre l’alliance à l’avenir si elle fait preuve d’une plus grande fiabilité.
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a demandé au président américain Donald Trump d’éviter de nouvelles frappes de grande envergure contre l’Iran, et l’Arabie saoudite poursuit des pourparlers secrets avec les Houthis du Yémen, sous la médiation d’Oman, afin de protéger les infrastructures de la mer Rouge, tout en reconnaissant qu’il ne reste plus que 400 missiles intercepteurs PAC-3 après en avoir utilisé 86 % au cours des 38 premiers jours de la guerre contre l’Iran. Ce taux d’usure est presque similaire au taux d’épuisement des intercepteurs américains.
Des rapports des services de renseignement indiquent une coordination accrue entre les milices irakiennes, Ansar Allah du Yémen et les Gardiens de la Révolution iraniens pour diriger des drones et des missiles vers des cibles militaires et économiques ; la milice irakienne al-Nujaba rejette toute voie diplomatique et promet de donner une leçon sévère aux forces étrangères hostiles ; une délégation irakienne de haut niveau chargée des questions de sécurité est désormais arrivée à Riyad pour des pourparlers sur la sécurité avec pour enjeu un « désarmement » des milices en Irak, un objectif qui ne semble pas être à la portée d’un gouvernement irakien tiraillé entre une multitude mouvances et traversé par des lignes de clivages et d’influence rendant impossible tout compromis possible en interne sur la question.
L’Accord de la Mecque est qualifié d’étape majeure vers l’autonomie stratégique de l’Arabie saoudite depuis le choc traumatique induit par le cauchemar de la guerre d’Iran, lui offrant un moyen de pression supplémentaire et l’accès à des systèmes de défense plus économiques et rentables.
Cet accord lui permet également de balancer l’offre américaine en matière d’énergie nucléaire, laquelle est subordonnée à la « normalisation » des relations avec Israël dans le cadre des Accords dits d’Abraham — une exigence à laquelle Riyad s’oppose en raison de la question palestinienne, insoluble depuis un siècle.
On saura bientôt si ce pacte est fiable ou non et dans quel objectif réel il a été créé.







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