Selon des sources publiques ouvertes, des composants sensibles destinés aux avions de combat F-35, notamment une verrière dotée d’une technologie de pointe, ont été expédiés par erreur à Hong Kong alors qu’ils étaient en transit entre l’Australie et les États-Unis. Selon les mêmes sources ayant diffusé l’information, le Pentagone et Lockheed Martin, un géant du Complexe militaro-industriel américain ou MIC, mènent actuellement une enquête sur ce détournement, qui a donné lieu à une enquête du Congrès concernant la divulgation potentielle de technologies sensibles. Cet incident soulève des inquiétudes quant à la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et aux contrôles internationaux sur les équipements de défense.
Parmi les composants compromis figurait une verrière en acrylique recouvrant le cockpit du F-35— et il ne s’agit pas d’une simple vitre. Cette verrière intègre une technologie furtive réservée aux États-Unis et à leurs alliés, avec un revêtement transparent absorbant les ondes radar qui est essentiel au profil furtif de l’avion. Un intermédiaire chargé de transporter les pièces pour le compte de Lockheed Martin aurait redirigé l’envoi vers Hong Kong, et on ignore encore pourquoi, ni qui en a actuellement le contrôle.
Le programme F-35 est une initiative d’envergure mondiale. Les pièces sont fabriquées dans une douzaine de pays, regroupées dans des stocks communs, puis acheminées par des transporteurs commerciaux sous la supervision de Lockheed Martin. L’Australie dispose d’installations de maintenance pour les F-35, mais celles-ci ne sont pas en mesure d’effectuer les réparations de la verrière, ce qui explique pourquoi cette cargaison était initialement destinée aux États-Unis.
Un rapport publié en 2023 par le Government Accountability Office a révélé que plus d’un million de pièces de rechange du F-35 avaient disparu en l’espace de cinq ans, Lockheed contrôlant les informations et le Pentagone étant incapable de vérifier de manière exhaustive ces pertes s’élevant à plusieurs dizaines de millions de dollars. Le système est opaque, fragmenté et, comme Hong Kong vient de le démontrer, sujet aux fuites.
C’est là que l’histoire devient particulièrement intéressante d’un point de vue géopolitique. Israël est le seul pays au monde à avoir effectivement « jailbreaké » le F-35. Le F-35I « Adir » n’est pas simplement un avion américain de série. Les ingénieurs israéliens ont piraté avec la complicité de centaines d’intermédiaires au sein du MIC le système logistique ALIS, installé des bombes « Spice » non autorisées et des réservoirs de carburant secrets, et ont même mis au point une attaque informatique de type « man-in-the-middle » pour contourner le verrouillage logiciel de Lockheed-Martin. Israël a transformé un chasseur américain de 100 millions de dollars en une arme secrète qui lui est propre — et les États-Unis ont donné leur feu vert.
La flotte israélienne de F-35 est elle aussi étroitement liée à cette même chaîne d’approvisionnement qui vient de connaître un échec. L’usine de GKN Aerospace à Garden Grove, en Californie, qui produit la verrière en acrylique du cockpit du F-35, a décroché plus de 255 millions de dollars de contrats de sous-traitance auprès de Lockheed Martin depuis 2017, avec des composants probablement destinés à Israël. En d’autres termes, la même technologie de verrière qui a disparu à Hong Kong fait partie de la chaîne d’approvisionnement qui alimente les avions modifiés sur mesure d’Israël.
On se retrouve donc face à une symétrie étrange : les deux acteurs étatiques les plus impliqués dans la logistique de la chaîne d’approvisionnement, le piratage et l’ingénierie du F-35 — les États-Unis et Israël — sont désormais confrontés à un cas où une verrière flambant neuve, tout juste sortie de la chaîne de production, s’est retrouvée dans l’une des juridictions les plus sensibles de la planète. Les États-Unis ont construit l’avion. Israël l’a piraté. Et aujourd’hui, une de ses pièces se trouve à Hong Kong.
C’est un cas d’école.







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