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Utilisé pour la première fois au combat début 2026, le drone Geran-5 marque une avancée significative par rapport à ses prédécesseurs. Contrairement au Shahed-136 (Geran-2), doté d’une aile en delta, le Geran-5 présente une configuration aérodynamique plus classique, qui rappelle celle d’un petit missile de croisière.

Ce drone est propulsé par un turboréacteur Telefly TF-TJ2000A de fabrication chinoise, d’une poussée estimée à 2 kN. L’usage du turboréacteur change tout: alors que l’ancien Geran-2 avançait péniblement à une vitesse avoisinant les180 km/h, soit la vitesse d’une automobile généraliste sur autoroute dégagée, le Geran-5 atteint des vitesses comprises entre 450 et 600 km/h, avec un pic d’environ 800 km/h. Avec une charge utile de 90 kg, la portée du Geran-5 est d’environ 1000 km (620 miles). Ces spécifications ne sont pas fournies du côté russe mais émanent de sources ouvertes ou bien du renseignement militaire ukrainien.

Première version du Geran-5 tel qu’il a été utilisé au combat. D’autres versions au design différents sont en cours de conception. (Illustration d’Internet)

L’aspect le plus important du drone Geran-5 est qu’il est conçu pour la saturation. Sa vitesse le rend bien plus difficile à intercepter pour les défenses aériennes traditionnelles, souvent optimisées pour des drones plus lents. Il peut également être équipé de missiles air-air R-73 à des fins d’autodéfense, ce qui ajoute un niveau supplémentaire de complexité pour les aéronefs de défense et d’interception.

Un missile représenté en 3D avec un fond noir.
Missile Air-Air Vympel R73

Avec le Geran-5, la Russie met au point une arme d’usure destinée à une guerre d’usure sur le long terme. Elle est conçue pour être suffisamment bon marché pour pouvoir être sacrifiée, suffisamment rapide pour être difficile à détruire et suffisamment nombreuse pour submerger les défenses adverses.

Un missile survolant des nuages avec un ciel clair en arrière-plan.

Le Geran-5 a déjà prouvé que l’ère des drones d’attaque à réaction à moins de 100 000 dollars était arrivée — et qu’il était en train de redéfinir les règles de la guerre moderne.

Dans une réalité parallèle ou une uchronie, ce drone à réaction aurait pu être déployé par l’Allemagne dès 1944 durant la Seconde Guerre mondiale. Car c’était un peu le principe des V1 et V2. Le Geran-5 est donc une sorte de missile de croisière du pauvre susceptible d’être doté de capacités IA et de manœuvrer en essaim. Pour le moment, son architecture de navigation est particulièrement robuste : un système de navigation par satellite Kometa à 12 canaux, un système de navigation inertielle de secours et un système de télémétrie reposant sur des composants commerciaux, notamment des modems 3G/4G. Les unités ukrainiennes de guerre électronique — qui comptent parmi les plus expérimentées au monde dans la neutralisation des drones de la série Geran — décrivent cette approche multicouche comme nettement bien plus difficile à brouiller ou à usurper que les modèles précédents.

Le Geran-5 a un frère siamois iranien, le Karrar, et ces drones d’attaque à réaction à bas coût inaugurent un nouveau cycle dans l’évolution de l’usage du coût comme arme de guerre dans les conflits contemporains.


Fediverse reactions

Une réponse à « Le Geran-5 inaugure l’ère des drones d’attaque à réaction à bas coût »

  1. Bonjour akram kharief en a parlé avant vous cordialement.

    https://www.menadefense.net/au-soudan-un-drone-akinci-en-abat-un-autre/

Commentaires/Discussion

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