Stratégie de la double détente: un mois après le déclenchement de la guerre majeure contre l’Iran, les Houthis du Yémen entrent en scène pour menacer le détroit de Bab Al-Mandeb. Deux ded plus importants détroits stratégiques de la planète sont devenus l’enjeu d’une guerre aux répercussions mondiales.

Le mouvement des Houthis du Yémen ou de son vrai nom « Ansar Allah » est passé d’un état de préparation militaire déclarée à une belligérance active, entrant ainsi en guerre en tant que belligérant direct aux côtés de l’Iran et du Liban contre les États-Unis et Israël.

Cette décision fait suite à une période de réflexion au cours de laquelle le groupe avait énoncé des conditions précises pour son intervention, conditions qui sont désormais remplies ou qui ont perdu leur validité.

La concrétisation des menaces précédentes fait désormais peser un risque immédiat et grave sur le transport maritime international et la sécurité énergétique dans le détroit de Bab al-Mandab, le groupe disposant d’une immense expérience de combat asymétrique contre une coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite et Washington et ayant encaissé de nombreux bombardements aériens US, saoudiens, emiratis, israéliens et d’autres pays de l’OTAN devant commencer à attaquer des navires civils dans cette zone.

C’est la stratégie de la double détente. Washington est focalisé sur le débloquage du détroit d’Hormuz et voilà que le détroit de Bab Al-Mandeb, verrouillant la Mer Rouge et crucial pour Israël, se retrouve sous la menace directe d’un bloquage.

La guerre majeure est devenue un enlisement sans fin.


5 réponses à « De la stratégie de la double détente »

  1. Je ne sais pas si les US sont prêts pour battre l’Iran, mais je suis sûr qu’ils ne sont pas prêts pour affronter la Chine. On va voir combien de temps encore ils vont patauger dans ce bourbier. Il semble qu’hier ils aient perdu 1 ou 2 AWACS en Arabie Saoudite, plus de 250 millions chaque…

    1. bof, quand on peut imprimer soi-même la monnaie, on n’est pas à un demi-milliard près. Le plus embêtant est de ne pas pouvoir imprimer des AWACS.

    2. Je pensais comme vous, que si la Chine devait passer première puissance mondiale, cela passerait nécessairement par un affrontement militaire avec la première actuelle, les USA. La Chine est dépendante de ses exportations. Le dynamisme de son marché intérieur n’est généré que par les revenus de ses exportations. Or, près de 50% de ces exportations sont vers des pays qui font partie de la coalition « ennemie » (OTAN + pays du golf). Si ces marchés s’effondrent et que la Chine perd en capacité énergétique, elle imploserait sous le poids de sa démographie. L’effondrement des économies occidentales, initié par le conflit ukrainien et la fin de l’énergie bon marché, continué par la fermeture de ces deux détroits pourrait faire plonger la demande mondiale, ruinant ainsi l’offre chinoise. Même si son coût de production est moindre (main d’œuvre), l’explosion du prix de l’énergie lui serait fatal. La guerre en Iran est plus économique et stratégique que militaire, parce qu’elle a pour objectif de la faire imploser, l’arme étant l’effondrement des économies qui la financent en achetant ses exportations. C’est peut être la raison de l’absence d’objectifs américains puisqu’ils sont inavouables. Je n’ai pas la science infuse et ce n’est qu’une piste de réflexion mais si l’empire me demandait mon avis (hahaha), cette option ne me semblerait pas inconcevable. Une chose est certaine, on ne gâche pas plusieurs décennies de stratégie comme ça avec un « idiot » orange dont le vocabulaire ne dépasserait pas les 200 mots : l’empire sait ce qu’il fait et sa défaite n’est pas acquise.

      1. J’ai une vision différente :
        – le scénario montre une stratégie militaire ayant été remaniée plusieurs fois par la coalition US/Israël; les pertes matérielles subies montrent que l’adversaire a été sous-estimé, les défenses des pays du Golfe assurées par l’oncle Sam n’ont pas été efficaces, repoussant même les porte-avions plus loin que prévu; la perspective politique et commerciale de la rencontre USA/Chine a été repoussée de plusieurs semaines, montrant s’il en était nécessaire que le conflit iranien devait être court ou en tout cas devait devenir un problème intérieur à l’Iran au moment de cette rencontre (31 mars);
        – la trajectoire historique de l’après seconde guerre mondiale arrive en bout de course; les trajectoires des réseaux de pouvoir occidentaux convergent eux aussi vers la même date de péremption, tout simplement parce que ces réseaux reposent sur des croyances millénaristes d’un autre âge; les BRICS ont entamé un projet long terme, que l’on ne retrouve pas dans les pays occidentaux, qui se sont reposés sur une conception conservatrice et néo conservatiste de maintien d’emprise; plus on se rapproche de cette convergence et plus les acteurs occidentaux vont jouer les uns contre les autres; les USA de l’administration actuelle ont cherché à appliquer une sorte de version de la technate, défiant la Chine au Venezuela et au Panama notamment, celle-ci répond avec plus de stratégie mais en maintenant son anonymat dans l’aide à l’Iran.

        Tout ça pour dire que l’empire, comme vous l’appelez, ne sait pas vraiment où il va, sinon qu’il sent sa mort approcher comme un vieil éléphant sent la fin du Monde : chaque pas réussi lui amène une confiance extrême et chaque échec est comme une dépression dont il lui est de plus en plus difficile de se remettre. Cet empire ne peut plus assumer ses ambitions passées, telles que défendre l’ensemble du Golfe. La Chine a senti ça depuis un moment et a conçu sa planification en fonction. On va voir comment cela évolue.

        1. Les deux points de vue ci-dessus semblent plausibles, mais mon cœur va involontairement à la vision d’Oliv. La métaphore de l’éléphant ancien est une belle trouvaille.

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