Quel renversement de situation! La Syrie vient d’affirmer par la voix de Walid Muallam, son ministre des Affaires étrangères son soutien politique, diplomatique et militaire aux forces du Maréchal Khalifa Haftar en Libye et que la Syrie reconnaît non seulement le gouvernement et les institutions de Cyrénaïque mais se tient prête à prêter un coup de main militaire à l’Égypte.

En d’autres termes, la Syrie se retrouve alliée de la France en Libye mais ennemie sur son propre territoire même si la France a retiré le gros se son dispositif de nuisance du Levant.

On en est pas à un paradoxe près mais en matière de stratégie, le champ des possibles que l’on croyait limité est en train de s’étendre à l’infini.

l’état d’hostilité de la Syrie et de la Turquie s’étend donc au delà de la Syrie où la Turquie vient d’annexer de facto la province syrienne rebelle d’Idleb où la monnaie d’usage est la lire turque. Les forces armées turques renforcent chaque jour leurs positions à Idleb en y déployant notamment des systèmes de défense aérienne à plusieurs niveaux.

La Turquie envoie également des mercenaires syriens issues de la rébellion syrienne se battre en Libye aux côtés du gouvernement de Tripoli contre les forces du Maréchal Khalifa Haftar (LNA ou Armée Nationale Libyenne).

Quid de la stratégie francaise au Levant et en Libye?

Après s’être rués tête baissée dans la campagne de changement de régime en Syrie, les gouvernements français successifa ont fait preuve d’une extraordinaire cécité stratégique au point de se retrouver alliés avec le « méchant Bachar Al-Assad » qu’ils ne cessaient se vilipender pour au final se heurter à la Turquie, le plus important membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

Paradoxalement, c’est la Turquie qui avait facilité et protégé les opérations clandestines françaises contre la Syrie. Plua encore, c’est la Turquie qui a ouvert un corridor spécial aux combattants islamistes extrémistes français mobilisés par Paris pour aller guerroyer en Syrie avant de récupérer leurs rejetons sous couvert humanitaire (rapatriement en France des enfants de Daech/État Islamique).

Or maintenant la Turquie et la France sont à couteaux tirés et se heurtent en Libye où Ankara entend bien s’implanter et devenir une puissance gazière (réserves de la Méditerranée orientale) et pétrolière (les fabuleux gisements libyens) et priver non seulement la France de sa part du gâteau libyen mais d’influencer le Sahel où la France se débat dans d’inextricables problèmes logistiques et militaires dans un conflit sans forme et probablement sans aucune fin. Les turcs ne sont pas intéressés par le Sahel mais les américains le sont et ils viennent de trouver l’outil ou plutôt la tête de bélier idéale pour fracasser tous les verrous stratégiques non encore entamés.

Cette situation est étrange. Pourquoi la France s’était mise dans une telle situation? Pourquoi avoir crié à tue-tête « Bachar doit partir » pour qu’à la fin elle met en veilleuse ses prétentions syriennes et se contente d’une alliance avec Assad? Une partie de la réponse à cette question réside dans l’influence émiratie sur la politique étrangère de la France. Autant dire que la France ne dispose plus de stratégie véritable depuis quelques années. C’est une sorte de navigation a vue où l’intérêt immédiat (et disons-le sans aucune honte: sonnant et trébuchant) de personnalités politiques corrompues prime sur toute autre considération supérieure.

Damas et Paris sur le même bateau. Qui l’aurait cru en ces temps troublés?

Il fallait l’imaginer. C’est une réalité géostratégique patente.

69 réponses à « La Syrie soutient officiellement les forces du Maréchal Haftar et l’Égypte ou comment la Syrie se retrouve de facto alliée avec la France en Libye »

  1. je sens des séismes majeurs un peu par tout dans le monde , séismes naturel et aussi volcans en éruptions et raz de marée et meme les animaux le sentent et sont paniqués , comme quoi notre galaxie est entré dans une zone de très forte turbulence avec notre petit systeme solaire , le soleil et les planetes et leurs lunes et la terre et la lune avec , et elle doit la traverser de grée ou de force .
    lors des confinements , ils ont observé le ciel et l’espace et sont dans la panique totale , les pseudos élites et leurs sbires et aussi leurs chefs .

    1. Avatar de niagaradelyon

      Certains avaient déjà annoncé qu’après le 21 juin les séismes allait s’intensifier.

  2. Règlement de la crise libyenne : le pétard mouillé du Marocain Le ministre des Affaires étrangères Nacer Bourita.

    Par Slimane Hamzaoui – Le 24 juin 2020

    Profitant de la convocation, à la hussarde, par l’Egypte d’une réunion ministérielle d’urgence de la Ligue arabe sur la crise en Libye, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a saisi au vol cette occasion pour essayer de conjurer la triste relégation de son pays du processus visant le règlement de cette crise longue de neuf ans.

    Encore sous le coup de l’exclusion humiliante de son pays de la Conférence internationale de Berlin sur la Libye (19 janvier 2020) et n’arrivant pas, manifestement, à digérer cet affront qui remise son pays à sa juste et modeste dimension sur les scènes régionale et internationale, le chef de la diplomatie marocaine, intrigant et retors comme à son habitude, a essayé piteusement de se raccrocher au wagon des vraies parties prenantes sur la question libyenne.

    En effet, face aux évolutions rapides et dangereuses enregistrées sur le terrain qui rendent encore plus crucial le rôle des voisins immédiats de la Libye, la tactique boiteuse du Maroc révélée par Bourita lors de cette réunion ministérielle s’articule autour de deux éléments spécieux à souhait.

    Le premier artifice consiste à «réchauffer» et à recycler la vieille rengaine qui consiste à instrumentaliser le lieu de signature de l’accord politique libyen du 17 décembre 2015, à Skhirat au Maroc, comme principal faire-valoir pour tenter d’entrer par le vasistas alors que la porte de la dynamique régionale en cours lui a été fermée au nez.

    Capitalisant sur cette mystification au sujet de l’accord de Skhirat, qui vise à faire accroire que cet accord aurait été obtenu grâce aux bons offices du Maroc, les officiels marocains, passés maîtres en matière de manipulation de l’information, font feu de tout bois pour nier un fait irréfragable et consigné en tant que tel que par le système des Nations unies : cet accord est le fruit de la médiation officielle exclusive des Nations inies sous la conduite de l’émissaire onusien, Léon Bernardino.

    Il a été obtenu au bout d’un long processus de négociations dans lequel Alger s’était distinguée pour avoir été la seule capitale ayant pu réunir, dans une même salle (et jusqu’à ce jour d’ailleurs !), tous les protagonistes libyens en vue du paraphe dudit accord. Une prouesse diplomatique rendue possible grâce à sa position équidistante, équilibrée et désintéressée qui avait déjà été à l’origine de la mise sur pied du «Groupe des pays voisins de la Libye», en mai 2014, à Alger, sur une initiative, fort bien inspirée, de l’ancien ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra dont il faut saluer la vision et le sens de l’anticipation, tant il voulait déjà à l’époque prévenir les ingérences extérieures qui poussent aujourd’hui la Libye au bord de la fragmentation.

    Contrairement au Maroc, qui cherche à faire de la vente concomitante avec cette supercherie de l’accord de Skhirat, l’Algérie est membre du comité de haut niveau de l’Union africaine tout comme elle fait partie du groupe de contact de l’Union africaine sur la Libye. D’ailleurs, elle a été choisie par l’Egypte et par le Gouvernement d’entente nationale libyen en vue de faire partie du groupe de rédaction chargé de trouver une formulation consensuelle du projet de résolution sanctionnant les travaux de cette réunion ministérielle d’urgence de la Ligue arabe sur la crise en Libye.

    Par ailleurs, désemparé par sa cinglante éviction de la Conférence de Berlin, le Maroc observe, avec sidération, que l’accord de Skhirat est dépassé (il ne reste d’actualité que pour donner une assise légitime aux institutions qui en sont issues) en attendant que le nouveau processus structuré de Berlin, endossé par le Conseil de sécurité (résolution 2510 adoptée à l’unanimité le 12 février 2020) poursuive sa «quête d’une solution globale» à la situation en Libye en accordant un «rôle important aux pays voisins», dont l’Algérie qui fait partie du comité international de suivi chargé de poursuivre la coordination dans le cadre du prolongement de la Conférence de Berlin. Encore un fait distinctif qui doit faire outrageusement mal au plus algérophobe des ministres marocains des Affaires étrangères.

    Le deuxième subterfuge utilisé par le Maroc pour essayer désespérément de revenir dans le jeu régional d’où il est durablement exclu consiste, selon la déclaration du ministre marocain, à former «un groupe arabe restreint chargé de l’élaboration d’une vision stratégique ouverte sur les parties libyennes pour contribuer à la résolution de la crise en Libye».

    Cette proposition frivole et inconséquente pour tout analyste un tantinet sérieux qui suit la polarisation extrême de la scène arabe a fait pschitt. Elle n’a pas été reprise dans la résolution sanctionnant les travaux de cette réunion ministérielle d’urgence tant elle avait les allures d’une galéjade.

    Quoi qu’il en soit, depuis que l’Egypte utilise, sans cette «succursale» qu’est devenue la Ligue arabe comme caisse de résonnance pour ses propres intérêts nationaux et ses actions diplomatiques unilatérales et partiales, il ne faut pas attendre grand-chose de cette résolution en termes d’impact sur les développements la crise en Libye. L’essentiel se passera au sein du condominium turco-russe sur la base des compensations à faire valoir par chacun des deux pays.

    Le Gouvernement d’entente nationale libyen, la Tunisie, le Qatar et la Somalie ont émis des réserves sur certains paragraphes de cette résolution fourre-tout, ficelée, sans vergogne, par les Egyptiens (paragraphes 7 et 8 notamment) pour «saluer l’initiative du Caire du 6 juin», exiger le retrait des forces étrangères et le démantèlement des milices, geler la ligne de front le long de l’axe Syrte-Al Jouffraa et le croissant pétrolier. Autant dire, tout le décalogue débité par le président Abdelfattah Al-Sissi dans son discours martial du 20 juin.

    Les égyptiens se sont même payé le luxe de profiter de cette réunion d’urgence pour faire passer une résolution faisant de la question du partage des eaux du Nil une «question de sécurité nationale arabe» (sic) pour embrigader tous les pays arabes dans son bras de fer avec les autorités éthiopiennes !

    S. H.

  3. Saïed avertit : «Le plan de division de la Libye vise aussi l’Algérie et la Tunisie»

    Le président Kaïs Essaïed met en garde.
    Par Karim B. Juin 24, 2020

    Le Président tunisien a affirmé que le plan de morcellement de la Libye «vise aussi l’Algérie et la Tunisie». Dans un entretien à France 24, en marge de sa visite officielle en France, Kaïs Saïed a abondé dans le même sens que la diplomatie algérienne, en appelant à une solution inter-libyenne qui exclut toute ingérence étrangère.

    Interrogé sur l’interventionnisme turc, le Président tunisien a souligné que ce rejet de l’ingérence exprimé par son pays «concerne aussi bien la Turquie que tous les autres Etats» qui interviennent en Libye. Pour lui, l’initiative pour un règlement de la crise libyenne ne peut émaner que des pays du Maghreb, en insistant sur une coordination entre Tunis et Alger. «Les pays du Maghreb sont les plus touchés par cette crise après le peuple libyen lui-même», a insisté Kaïs Saïed, en ajoutant que la Tunisie était «plus particulièrement impactée par la situation en Libye car beaucoup de secteurs économiques y sont liés». «En 2011, la Tunisie a accueilli un million de Libyens», a indiqué le successeur de Béji Caïd Essebssi.

    Au sujet de la dernière déclaration du Président égyptien qui affirmait que l’Egypte pouvait «légitimement» intervenir à son tour directement en Libye, Kaïs Essaïed a estimé que «chaque pays [voisin] est en droit d’exprimer sa préoccupation, d’autant que la situation suscite effectivement des inquiétudes». «Toutefois, a-t-il corrigé, la solution militaire n’est pas celle que souhaite le peuple libyen». «Ces guerres, ces batailles, ces douleurs, ce sang qui coule à flot peuvent-ils constituer une issue à la crise ? Ils peuvent [sans doute] être une solution conjoncturelle et cela peut modifier les rapports de force entre les belligérants, mais il n’en demeure pas moins que la Libye n’est pas une question internationale, elle est une affaire libyenne avant tout, et toute intervention militaire sous quelque motif que ce soit est rejetée», a martelé le Président tunisien qui insiste sur la «solution pacifique qui doit émaner de la seule volonté des Libyens».

    A une question sur une possible dualité dans le traitement du dossier libyen par les autorités tunisiennes due au fait que le Parlement soit présidé par le leader du parti islamiste pro-turc Ennahdha, Kaïs Essaïed a répondu que la politique étrangère de la Tunisie «est du ressort exclusif du président de la République». Rached Ghannouchi avait, pour rappel, provoqué un tollé général au sein de l’Assemblée tunisienne après avoir reçu un émissaire du chef du gouvernement d’Union nationale, Fayez Al-Sarraj, soutenu par Ankara.

    Par ailleurs, le Président tunisien a démenti l’information selon laquelle la task force américaine en Afrique, Africom, ait émis le vœu d’installer une base militaire en Tunisie. «Aucune demande de ce type ne m’a été faite, qu’elle émane des Etats-Unis ou de n’importe quel autre Etat», a-t-il dit, estimant que «cela n’empêche pas qu’il y ait une coopération militaire, chose qui existe depuis l’indépendance de la Tunisie».

    K. B.

    1. La base US est en cours de réalisation en Tunisie. Les balises Radio des aéronefs US faisant le va et vient entre Stuttgart, RFA et un point reculé en Tunisie ne mentent pas.

      1. Des nouvelles de la base israelienne en contruction au Maroc? A seulement 37 kms de la frontiere algerienne, et qui sera en charge du renseignements electroniques?

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