Les récentes informations, bien que non confirmées, faisant état de la destitution du plus haut commandant militaire chinois pour espionnage nucléaire au profit des États-Unis ont provoqué un frisson familier dans les milieux du renseignement. Si les détails restent voilés par le brouillard de la rivalité géopolitique post-moderne, l’ombre qu’ils projettent est longue et profondément familière. Elle fait écho à la longue guerre clandestine qui a marqué le XXe siècle, où la quête de la suprématie nucléaire, commencé dès les années 1926-1936 ne s’est pas déroulée sur les champs de bataille à l’exception d’operations militaires en Norvège en 1942* , mais dans le cœur et l’esprit de traîtres brillants, motivés par des idéologies ou par l’appât du gain. Ce n’est pas du tout une histoire nouvelle ; c’est peut-être le chapitre le plus ancien et le plus dangereux du jeu de l’espionnage.

Il pourrait également s’agir d’une purge au sein de la Commission militaire chinoise s’inscrivant sur plusieurs plans à la fois, allant d’un réajustement des rapports de force au sein du pouvoir à une lutte implacable contre des failles intrinsèques au système similaires à celles dévoilée par la guerre dans la Russie de 2022.

Les menaces internes sont les plus dangereuses. Les espions les plus nuisibles ne sont jamais des étrangers, mais des personnes de confiance disposant d’un accès de haut niveau. Le cas non confirmé en Chine nous rappelle brutalement que rien n’a changé. Les secrets nucléaires restent le prix ultime, et le facteur humain reste la plus grande vulnérabilité. Il ne sert à rien de disposer de plus 400 millions de drones kamikazes (200 drones contrôlés par un seul soldat humain) si le plus haut commandement est compromis avec l’adversaire.


*Le 27 février 1942, des saboteurs ont escaladé une falaise au milieu de la nuit pour faire sauter une usine d’eau lourde contrôlée par l’Allemagne National-Socialiste en Norvège. Hollywood a adapté cette histoire dans le film « Les Héros de Telemark », un film d’action mettant en vedette Kirk Douglas. La véritable histoire est bien plus complexe.


One response to “Au sujet de la purge au sein du haut commandement militaire chinois”

  1. C’est surprenant car Zhang Youxia était il me semble son homme de confiance dans l’armée chinoise. Ces purges sont fréquentes mais celle-ci marque par son ampleur. Dans le contexte chinois on peut le voir comme un signe de fragilité et paranoïa en interne , mais aussi comme une recherche d’intégrité. Comme vous, les journaux occidentaux ne savent pas trop comment l’interpréter, faute d’informations.

    J’ai lu ceci, qui ne vous apprendra probablement rien de plus : https://news.sky.com/story/xis-purge-of-top-general-paints-a-fascinating-picture-of-power-and-control-within-a-ruthless-and-unforgiving-system-13499060

    Oliv

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