Ce billet humoristique devait être publié il y a deux ou trois semaines mais a été abandonné et oublié par manque de temps et parce on n’a été dissuadés de le faire dans un espace dédié à des choses sérieuses. Nous le publions aujourd’hui tel quel et sans modification aucune, en dépit d’une actualité autrement plus pressante marquée par l’escalade totale en cours dans le cadre d’un conflit mondial pour l’hégémonie.
Nous vivons dans un monde de fous. Dernière dérive en date et, excusez du peu, elle fait rire, est celle concernant la prononciation du nom d’Epstein.
Prenez une chaise et ajustez votre casque- de préférence un bon casque de motocycliste en intérieur. Nous devons parler d’une chose qui me trotte dans la tête depuis que j’ai entendu des présentateurs TV trébucher sur un nom comme s’il s’agissait d’une mine antipersonnel.
Maintenant, selon la source d’où vous tirez vos informations, vous l’avez entendu prononcer de deux façons différentes. Il y a la prononciation standard, germanique-juive : EP-schtayne . Et puis il y a l’autre : EP-steen/stine (qui sonne assez mal).
Et c’est là que ça devient bizarre. Pourquoi certains médias grand public, ceux-là mêmes qui vous corrigeront sans relâche sur la prononciation de « Nguyen » ou « Bowie », insistent-ils sur la variante « -steen » alors que le macchabée lui-même aurait utilisé « -stayne » en évitant le sch allemand ?
S’agit-il simplement d’une préférence dialectique paresseuse des Américains ? Ou est-ce quelque chose de plus ? Plongeons-nous dans ce trou où ça sent légèrement le hareng et les tensions géopolitiques.
La grande conspiration du changement vocalique (et ce n’est pas la première fois)
À première vue, ce n’est qu’un accent, n’est-ce pas ? Bon, cela fait peur vu les précédents historiques. Il est à rappeler qu’une petite variation vocalique sur un seul mot (grec ancien) a engendré une longue guerre de religions et des milliers d’interprétations divergentes ayant fait rage durant des siècles ou encore cette controverse méconnue et oubliée entre Paraklētos, Paraklaitos et Parakleo qui a nié toute référence à l’annonce d’un messager après Jésus-Christ dans les Évangiles et donc l’avènement d’une troisième religion monothéiste, en l’occurrence l’Islam mais passons et focalisons-nous sur ce siècle encore plus pourri que les autres.
Dans le monde hautement complexe de la géostratégie, la phonétique est un champ de bataille. Ceux qui s’efforcent à prononcer « -steen », sont-ils en train, subtilement et peut-être inconsciemment, d’« altériser » le nom ? Soulignent-ils son caractère « étranger » ? C’est une astuce classique. Vous mettez l’accent sur la sonorité ethnique pour influencer subtilement le public. Ou est-ce autre chose?
Goldstein (Orwell l’avait prédit)
C’est là que nous faisons le lien avec le mème antisémite vague et bizarre qui circule dans les recoins les plus sombres du web. Impossible de lancer une pierre conspirationniste sans toucher une référence au livre 1984 de George Orwell.
Dans 1984, le croque-mitaine ultime, le visage final de l’ennemi contre lequel le Parti unit les masses, est Emmanuel Goldstein.
Goldstein. Shtayne ou Steen. Dans la pure lignée de Frankenstein.
Vous voyez où je veux en venir ? Dans l’esprit du grand public, « Goldstein » est le nom de famille juif par excellence. Et Orwell, agent du Mi-6, ancien flic colonial et génie de la satire politique, a choisi ce nom pour représenter le traître ultime, l’ennemi obscur que « Big Brother » utilise pour justifier son contrôle absolu sur tout le monde.
Ainsi, la théorie apparentée au mème est la suivante : en insistant sur la prononciation « -steen » pour Epstein, les médias grand public se livrent à une sorte d’orwellianisme linguistique inconscient. Ils le classent subtilement dans la catégorie « Goldstein ». Le présentent-ils linguistiquement non seulement comme un criminel individuel, mais aussi comme l’incarnation de l’archétype de « l’ennemi du peuple »?
Alors, quelle est la conclusion géostratégique à tirer ici ?
Dans un monde où la géopolitique ressemble à un très mauvais scénario Netflix, il est amusant d’imaginer que la différence entre un « schtayn » long et un « steen» aplati et bref est la différence entre un reportage d’actualité bidon et un message de propagande subliminale.
Ou peut-être… juste peut-être… que Big Brother vous dit comment prononcer le nom sous peine d’excommunication ou d’accusation d’antisémitisme mêlée à autre chose lié à l’imposition d’un esprit moutonnier héritier du caporalisme des régimes autocratiques du 20ème siècle et des régimes coloniaux paternalistes du 19ème siècle… Ou bien les deux à la fois combinés à une troisième forme de régime libéral excluant toute liberté réelle.
Einstein (schtayn ou steen) aurait dit « deux choses sont infinis: l’univers et la bêtise humaine. En ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas acquis la certitude absolue« . Or en 2026, la bêtise humaine est au pouvoir.
Restez à l’écoute et surveillez vos voyelles. Elles vous surveillent.
Nota: ce billet est composé à 69,5 % de satire, à 22 % d’un résidu de théine et le reste d’une réelle inquiétude quant au fait que nous vivons tous dans une simulation écrite par un linguiste faussaire particulièrement rancunier. Probablement.







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