Au delà des gros titres délibérément alarmistes sur le double blocus du détroit stratégique d’Hormuz, paraît en filigrane une situation implicite et tenace que l’on peut résumer à priori à une manipulation dépassant dans son amplitude et sa magnitude toutes celles auxquelles nous avons été confrontés dans un passé récent. Nous allons tenter d’examiner cette situation sous un angle nouveau.
L’objectif affiché, toujours trompeur, jamais été de résoudre la crise énergétique mondiale, mais plutôt d’exploiter cette crise pour affaiblir durablement et faire disparaître la classe moyenne au niveau global. Cette paupérisation après une amélioration significative des conditions de vie de milliards de personnes durant le bref intermède désigné sous l’appellation de « mondialisation » est un des objectifs recherchés par les théoriciens de décroissance et son étrange corollaire luddite visant à faire disparaître l’aviation et l’automobile.
Pendant des années, les participants au Forum de Davos ont chuchoté à propos du « Great Reset » ou « grande remise à zéro du système », une expression qu’ils ont commodément fait passer aux oubliettes parce qu’elle semblait trop flagrante. Le principe fondamental n’a jamais concerné uniquement le carbone ; il s’agissait plutôt de l’hypermobilité de l’homme ordinaire, ou de la racaille/plèbe/Hoï Polloï/populace/sans-dents/prolos améliorés comme ils le disent entre-eux car cela est considéré comme une menace pour le contrôle centralisé. Le contrôle centralisé étant le cœur du pouvoir.
Il existe désormais une chronologie datant les prémices de ce « choc » actuel.
La pseudo pandémie de 2020-2022, durant laquelle 90% de l’aviation civile mondiale a été paralysée à cause d’un virus respiratoire de la famille des coronavirdae. Seuls les déplacements essentiels étaient autorisés. Des pays ont même osé mettre en place des autorisations écrites surréalistes pour sortie débat chez soi sans provoquer de révoltes ou d’insurrections. Le confinement physique et psychologique était un test grandeur nature des limites du nouveau pouvoir qui se mettait en place. Le test était concluant puisque ceux qui ont pris ces décisions en apparence illogiques, irrationnelles et stupides, ont compris que si l’on suscite suffisamment de peur, on peut aisément révoquer le droit à la liberté de mouvement. D’où la fabrique de la peur que très peu ont réellement analysé en profondeur. Le chaos des chaînes d’approvisionnement durant la crise du C-19 a servi de prétexte pour permettre à des compagnies aériennes de retirer prématurément leurs Boeing 747 et Airbus A380 de la circulation- en invoquant bien entendu des raisons liées à l’efficacité et non un projet « complotiste » de réduction du réseau. Cet événement a un lien direct aujourd’hui avec la « crise du kérosène » montée de toutes pièces pour achever un objectif précis concernant la fin de la mobilité humaine.
Le scénario inflationniste (2022-2025) : la demande d’après-C19 a repris, mais pas l’offre. Les prix du kérosène ont été laissés libres de monter en flèche en raison des » tensions géopolitiques » (Phase 1 : la guerre en Ukraine). Du jour au lendemain, le week-end à 20 euros avec une compagnie aérienne low cost comme Ryanair est devenu un luxe à 200 euros. Les gouvernements ne sont pas intervenus pour subventionner les consommateurs ; ils ont préféré subventionner ce qu’ils ont designé sous l’appellation de « la transition verte » de l’industrie rappelant le titre d’un film de science-fiction catastrophique de 1973. Ils ont tué le modèle à bas prix et à fort volume qui rendait l’aviation accessible au grand public. Vous ne voyagerez plus!
Après cette phase inflationniste vint le mirage des obligations (2025-2026). L’interdiction des moteurs à combustion prévue pour 2035 n’était pas dictée par le marché mais par un mélange d’déologie et de planification belliciste. Il s’agissait d’une mesure législative radicale et hors de portée car irréalisable en l’état. En Europe même, la technologie n’est pas encore prête pour une adoption massive en milieu rural et semi-rural. En dehors de l’Europe, un bannissement du moteur thermique profiterait aux constructeurs asiatiques en leur laissant les vastes marchés africain, sud-américain et asiatique. Mais le plan est plus vicieux. les autorités ont-elles assoupli la réglementation? Non, au contraire, elles s’en sont servies pour justifier la transformation des véhicules particuliers en un bien de luxe accessible uniquement via des formules d’abonnement. Une voiture neuve (et presque jetable) coûte entre un et deux lingots d’or massif en 2026. Cette dérive n’aurait jamais du avoir lieu vu la globalisation de cette industrie mais la spéculation et le rôle des banques l’a totalement perverti. Vous ne serez plus propriétaire d’une voiture. Vous appellerez un pod. Et si le pod est trop cher, vous resterez chez vous. Vous ne bougerez plus.
Et voilà qu’arrive la crise actuelle (phase 2: guerre contre l’Iran). Le détroit stratégique d’Hormuz n’est pas seulement un verrou d’étranglement pour le pétrole: c’est l’artère carotide de l’économie mondiale. La crise qui s’y est développée n’est pas simplement « survenue par hasard ». On l’a laissée s’envenimer dans le vide créé par un réalignement géopolitique froid et calculé.
Voici la théorie du complot bien réel que vous ne trouverez pas dans les articles des grands médias : cette soudaine volonté d’atteindre l’indépendance énergétique grâce aux énergies renouvelables et le nucléaire n’a rien à voir avec le maintien du statu quo. Il est physiquement impossible d’alimenter l’agriculture industrielle intensive, les vols intercontinentaux et les SUV familiaux avec les technologies éoliennes et solaires actuelles, qui reposent sur des batteries et sont par nature intermittentes. L’objectif à peine caché est de réduire la demande, sous le couvert d’une crise de l’offre.
Avec le détroit d’Hormuz bloqué, le baril de pétrole dépassant les 100 dollars avec une possibilité de monter en flèche jusqu’à 220 si la crise continue de s’aggraver . Le discours officiel ne cesse de clamer la nécessité de « mesures d’urgence ».
L’observation minimale des tendances nous permet de déduire que des secteurs entiers de la mobilité sont en cours de ciblage.
Pour l’Aviation civile, principale cible des fanatiques idéologiques centrés sur la thématique « écologiste » créés et soutenus par les officines secrètes du système oligarchique mondial à plusieurs fins : les flottes commerciales sont immobilisés sous prétexte de « réserves stratégiques de carburant ». Les aides gouvernementales accordées aux compagnies aériennes sont assorties de conditions strictes : retirer de la circulation les appareils anciens et entièrement amortis. Regroupement des liaisons. Les vols ne sont pas annulés en raison de pénuries de carburant ; ils sont annulés parce que les « facteurs de charge environnementale » exigent désormais légalement un taux d’occupation des sièges de 90 %. Prendre l’avion de Lisbonne à Madrid n’est plus une possibilité logistique pour un rendez-vous d’affaires ; c’est une impossibilité logistique, à moins d’être un fonctionnaire international, un agent en mission ou un officiel.
L’usage automobile privé est de plus en plus difficile et problématique : downsizing des moteurs pour en arriver à des moteurs totalement non fiables, taxation et systèmes de pénalisation des cartes grises, des assurances de plus en plus segmentées, l’existence d’un quota secret pour la réduction de l’octroi des permis de conduire, etc. Avez-vous remarqué la vague de pannes dues au « blocage hydrostatique » et à la « contamination au silicium » dans les réservoirs de carburant ? Du jour au lendemain, la fiabilité des moteurs à essence s’effondre. Il ne s’agit pas seulement des moteurs problématiques des marques du groupe Stellantis ou Volkswagen mais également de groupes asiatiques comme Hyundai et Kia. On explique aux mécaniciens qu’il s’agit d’un lot de carburant défectueux provenant des réserves d’urgence. En réalité, il s’agit d’une caractéristique de conception visant à accélérer la « mort du véhicule ». Ce n’est pas de l’obsolescence programmée mais un sabotage en bonne et due forme. Lorsque votre voiture bourrée d’électronique fastidieuse rendra l’âme, bonne chance pour trouver une nouvelle puce électronique afin de la réparer. Les puces sont toutes réservées aux drones militaires, aux missiles de croisière et aux systèmes électriques de surveillance.
On n’a jamais parlé de cela avant aujourd’hui car on ne disposais pas de données suffisantes et puis on n’a jamais suivi comme des moutons de Panurge les mouvements de tendance ou de masse mais là on est presque devant un fait accompli:
La prison des 15 minutes
L’objectif est de créer un monde où votre rayon d’action se réduit à la « ville des 15 minutes » — non pas pour votre santé ou bien-être, mais pour vous rendre docile et traçable. Si vous ne pouvez pas vous offrir une voiture électrique parce que le lithium est bloqué par des guerres commerciales, et si vous ne pouvez pas prendre l’avion parce que le kérosène est rationné au profit des « compensations carbone pour l’élite », vous devenez un actif immobile.
Le monde est une prison.
Tu es né avec des ailes. Pourquoi préfères-tu ramper dans la vie ?
Jalal-Eddine Mohammed Rūmī (1207-1273)
Les élites aveuglées par l’idéologie présenteront cela comme un retour romantique au « localisme ». Le mouvement du « slow travel » ou le retour au 19e siècle avec son joug de fer sur l’humain aussi bien en Europe que dans le reste du monde. La promotion du mode de vie des nomades numériques (depuis son salon) vise la même chose. Il s’agit en réalité d’un transfert de pouvoir massif et silencieux, à l’établissement d’une sorte de totalitarisme invisible et diffus mais bien réel dans laquelle il n’y a ni la figure centrale et ubiquitaire d’un Big Brother ni d’un ennemi public comme Goldstein. Il s’agit d’une tentative de pouvoir absolue sur l’humanité.
Le tourisme, ce formidable égalisateur de la classe moyenne qui ouvre l’esprit, est en train de mourir. Certains s’en réjouissent; d’autres s’en inquietent. La possibilité de parcourir 800 kilomètres pour se rendre à une manifestation, rendre visite à un proche malade ou trouver un loyer moins cher ? Elle va bientôt disparaître.
Cette crise dans le détroit d’Hormuz n’est pas une catastrophe géopolitique qu’il faudrait résoudre. Les États-Unis et Israël y poursuivent bien des objectifs stratégiques anciens et l’Iran s’est avéré être un os dur à avaler mais c’est également le point culminant escompté d’un potentiel de situation recherché. Les technocrates se servent du goulot d’étranglement physique du pétrole pour imposer un goulot d’étranglement à la liberté humaine. Ils ne veulent pas simplement faire évoluer le mode de propulsion de votre voiture ; ils veulent vous faire quitter définitivement le siège du conducteur.
Ce qu’il y a de plus difficile à contrôler dans une surveillance panoptique numérique, c’est un corps physique qui se déplace librement dans l’espace. Ils ne se contentent pas de clouer les avions au sol. Ils nous clouent au sol et veulent une décroissance ciblée doublée d’une régression de l’espèce humaine.
Il y a aujourd’hui un million de raisons légitimes pour s’en indigner et pourtant personne ou presque ne s’indigne. C’est la preuve que la majorité des populations est prête à une phase plus avancée d’asservissement.
Tous les humains, toutes origines, croyances et nationalités confondues, sont menacés par cet asservissement ultime. Il n’y a aucune hiérarchisation dans l’esclavage volontaire ou non. Ce dernier n’a en définitive jamais disparu depuis l’Antiquité.
*Nous nous sommes réservé l’excentricité d’utiliser « Hormuz » au lieu de l’usage consacré « Ormuz » en langue française.







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