Le récent article du Wall Street Journal confirmant l’existence d’une base militaire israélienne secrète au cœur du désert irakien est bien plus qu’une simple bombe géopolitique : c’est un réquisitoire accablant contre la manière dont les institutions d’élite modernes répriment toute recherche de vérité.

Selon le WSJ, cet avant-poste dans la province d’Al-Anbar (ce qui révèle au passage l’existence d’un continuum logistique via les bases militaires établies en Jordanie) abritait des forces spéciales et servait de plaque tournante logistique pour des opérations aériennes contre l’Iran, une réalité si sensible que les forces israéliennes et US auraient lancé des frappes aériennes pour tenir à distance les troupes irakiennes qui menaient l’enquête.

Pendant que les médias traditionnels traitent désormais cette affaire comme une révélation sérieuse et fondée sur des faits, nous devons nous poser une question profondément dérangeante : pourquoi ceux qui l’ont dit il y a dix ans ont-ils été traités de complotistes ou de fous ?

Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement du système ; c’est le système lui-même. Tout est basé sur le mensonge et la ruse.

Lorsque, en 2011 et les années suivantes, des lanceurs d’alerte ou des chercheurs indépendants ont tenté de signaler des anomalies militaires dans le désert ou le Kurdistan irakiens, ils n’ont pas bénéficié d’une enquête ouverte d’esprit. Ils ont été mis au ban de tout. Ils ont appris à leurs dépens que le « contrôle épistémique » sert à délégitimer les outsiders non pas en réfutant leurs affirmations, mais en remettant en cause leurs qualifications, leur santé mentale ou leur existence même. Si une affirmation sort du cadre étroit du discours géopolitique acceptable — même si elle est factuellement vraie —, elle est considérée comme une « théorie du complot » jusqu’à ce qu’une institution autorisée lui donne son aval.

Voilà pourquoi le monde universitaire est une sorte d’Inquisition beaucoup plus pire que celle qui a condamné Giordano Bruno et Galilée au bûcher.

Le monde universitaire moderne a perfectionné ce mécanisme de censure de la vérité. Les chercheurs craignent d’aborder des sujets politiquement sensibles qui pourraient remettre en cause le consensus de l’opinion dite « respectable ». Les travaux de recherche qui remettent en cause les discours dominants sont systématiquement écartés, non pas par des arguments factuels, mais par des comités d’évaluation idéologiques ou par la censure déguisée que constitue le rejet par les pairs.

Le message est clair : Cela crée un vide intellectuel. Lorsque les chercheurs en sciences sociales empiriques désertent un domaine par crainte d’être qualifiés de « -istes » ou de « -phobes », ce vide est comblé par des militants dont la loyauté va avant tout à un discours, et non à une réalité complexe et dérangeante.

L’article du WSJ dévoile indirectement la dynamique de cette inquisition post-moderne. La phase 1 commence par la mise à l’écart. Pendant des années, les allégations concernant l’existence de bases opérationnelles avancées étrangères en Irak et en Jordanie ont été ignorées ou tournées en dérision par ceux-là mêmes qui définissent notre réalité commune. Dans la phase 2 portant validation, un grand quotidien traditionnel, citant des « responsables américains anonymes », décide que l’affaire est désormais opportune sur le plan géopolitique ou tout simplement trop importante pour être passée sous silence. Soudain, la « théorie du complot » devient du « journalisme d’investigation ». La phase 3 esf classique : l’amnésie. Les mêmes experts qui méprisaient auparavant ceux qui posaient des questions analysent désormais avec suffisance cette « révélation choquante » comme si elle venait de nulle part ou tombait du ciel, sans jamais présenter d’excuses à ceux qu’ils ont critiqués, vilipendés ou écrasés pour avoir dit la vérité trop tôt.

L’ère numérique a brièvement laissé entrevoir la possibilité de briser ce cercle vicieux. L’ancien modèle centralisé de contrôle de l’information — dans lequel quelques rédacteurs en chef décidaient de ce que le public devait savoir — s’est effondré sous le poids des réseaux sociaux et du journalisme citoyen. Mais comment ont réagi ces gardiens de l’information ? Loin d’adopter une approche plus démocratique de la recherche de la vérité, ils ont rétabli leur emprise en qualifiant les reportages indépendants de « désinformation » et en s’érigeant en arbitres autoproclamés des faits « approuvés » ou validés. L’imprimatur a de beaux jours débat elle.

Pour le moment les inquisiteurs ont gagné partout et c’est la raison pour laquelle tout esprit un tant soit peu critique est perçu comme une menace existentielle et iminente à la matrice des faux semblants des chiens de garde.


8 responses to “La nouvelle inquisition: comment les chiens de garde protègent les leurs…”

    1. Mis à jour. On appréciera j’espère le choix du fond photographique de ce torchon de mainstream derrière la tronche de trou du cul du journaleux.
      J’ai l’impression de vivre dans un monde de fous…

      1. On vit dans un monde de fous. L’article est surréaliste, bête et méchant.

  1. feu omar aktouf avait ironiser sur le fait qu’il pouvait se faire virer à tout moment (anecdote sur internet lors de ses cours à hec montreal)

  2. Cette histoire là pose de nombreuses questions. Pourquoi les irakiens ne s’en sont pas préoccupé plus tôt, que s’est il passé exactement en mars dernier, pourquoi le WSJ (qui décidemment tient la corde des révélations, ce qui argumente encore sur le rôle de la bourse dans ce bourbier) sort cette info maintenant…

    1. « Pourquoi les irakiens ne s’en sont pas préoccupés plus tôt, … »
      Justement tel est le problème fondamentale. Il n’y a pas d’Irak, il n’y en a jamais eu, la plupart de ce qu’on appelle à tort « pays » arabes n’existent pas, ce ne sont que des entités vides de peuples, dépourvues de nations, en fait des mots vides de sens. Du Maroc à l’Irak en passant par l’Algérie, l’Egypte, et toute la peninsule arabique, ces entités sont un agrégat de groupes de populations qui en fait n’ont rien en commun, et se haissent au plus profond d’eux memes. Ces entités en fait ne sont que des créations occidentales, tracées tout droit à la régle, en fonction des interets des occidentaux, et par les occidentaux. Des l’instant ou l’Occident veut gommer certeaines entités ils y a arrivent avec une facilité deconcertante pour le profane. Cependant en ce moment, au fin fond de la peninsule arabique -Yemen- comme à Gaza, au Liban et meme en Irak il y a le début d’un reveil, un embryon, que les occidentaux font tout pour le tuer dans l’oeuf. Cet embryon d’eveil de sociétés qui sont en sommeil depuis des siècles est soutenu par la révolution industrielle en Iran.
      L’objet de cette guerre US-Israel est avant toute chose la destruction de cette révolution industrielle iranienne. En réalité un rascisme qui n’a rien à envier aux nazis. Sauf que pour l’Amérique c’est trop tard.

      « ….pourquoi le WSJ (qui décidemment tient la corde des révélations, … sort cette info maintenant »
      C’est seuleument maintenant que vous faites tous attention à cette « révélation » du WSJ. Alors pour faire court les WSJ, NYT, WaPo etc…sont les les Libe, le Monde, Figaro d’outre Atlantique. C’est de la merde puissance 13.
      Ca fait des années que les AlMasirah, PressTV etc…en parlent. Sauf que vos subconscients parlent. On ne prete pas attention à ces organes de presse, parce qu’elles emanent de races qui ne sont pas blanches.
      Mais que vaut un expert d’AlMasirah comparé un autre pseudo expert du NYT ? Dans vos subconscients la réponse est instinctive, déja prete, formulée, prete à fuser.

      Au cas ou, ce sont les memes merdes qui vantaient les succés de l’armée du regime kienvien qu’ils appellent ukrainien. Ce sont les memes merdes qui affirmaient que le régime de Poutine était sur le point de s’effondrer, que les « sanctions » allaient achever l’economie russe.
      Et aujourd’hui, ils nous la refont à nouveau avec l’Iran dont le regime est sur le point de s’effondrer, l’armée iranienne en déroute, les femmes iraniennes n’en peuvent plus, que l’armée Israelienne serait à Beyrouth en quelques heures etc….

      Ce sont des des choses que je dis et redis sur ce forum depuis + de 10 ans. En fait y a rien à attendre de l’archipel des fake news que sont la plupart des medias maintream occidentaux. Y a rien à attendre d’eux.

      1. Le sens de mes questions était de comprendre le sens de ces timings. Il y a une raison pour que ces infos sortent, et pour que les irakiens interviennent, même si sur ce cas là il semble que cela a été lié à une situation où les soldats israéliens et US ont surréagi à la survenu de soldats irakiens venus par hasard sur place.

    2. Il semble que des politiciens irakiens et notamment des ministres et des parlementaires corrompus étaient au courant depuis longtemps de cela mais il se défendent en affirmant qu’ils croyaient que c’était une base secrète US (un juteux business). Il y a une crise en cours en Irak et il n’est pas certain que le gouvernement fantoche puisse tenir les éléments les plus agités et encore moins tenir la bride de quelques milices qui n’attendaient que cela.

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