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Deux enquêtes très récentes ont levé le voile sur la machine d’influence mondiale d’Israël — et ce qu’elles révèlent devrait amener chacun à remettre en question ce que l’on appelle les « vérificateurs de faits indépendants » qui contrôlent nos débats publics.

Un appel d’offres du ministère de la Défense, divulgué par +972 Magazine, montre que l’armée israélienne forme systématiquement chaque année des centaines de soldats à la guerre psychologique de type « black hat » (piratage malveillant), aux deepfakes et aux techniques d’influence clandestines.

Par ailleurs, une enquête a mis au jour une opération de très longue date menée par les Forces israéliennes, qui se dissimulait sous les traits d’organisations à but non lucratif neutre spécialisées dans la vérification des faits.

Prises ensemble, ces révélations confirment ce que beaucoup soupçonnaient depuis longtemps : une part très importante de l’écosystème de la « vérification des faits » n’a rien à voir avec la vérité ; il s’agit en réalité d’un instrument de propagande de l’État israélien, conçu pour neutraliser toute opinion critique à l’égard des politiques ou de l’image d’Israël à travers le monde.

Si une armée forme chaque année des centaines de personnes à la fabrication de faux documents convaincants et à la conduite d’opérations psychologiques, on est naturellement amené à se demander : où ces diplômés sont-ils affectés, et que font-ils actuellement ?

Une réponse a été apportée par une enquête distincte et minutieusement documentée. Entre 2023 et 2024, les Forces israéliennes ont mené une opération psychologique secrète sous le couvert d’organisations à but non lucratif indépendante spécialisées dans la vérification des faits.

Se faisant passer pour des organismes de surveillance d’intérêt public dédiés à la lutte contre la désinformation, ces groupes de façade ont systématiquement pris pour cible des journalistes, des militants et des simples utilisateurs des réseaux sociaux qui exprimaient des critiques à l’égard d’Israël.

Les « vérifications des faits » n’étaient pas des corrections neutres ; il s’agissait de verdicts utilisés comme des armes visant à discréditer les voix pro-palestiniennes ou même neutres mais non favorables à Israël, à qualifier de « fausses informations » des rapports légitimes sur les droits de l’homme et à présenter tout écart par rapport aux récits officiels israéliens comme de la propagande malveillante et carrément « de la haine en ligne ».

Il ne s’agissait pas du travail d’une unité militaire isolée. L’opération s’inscrivait dans le cadre plus large du dispositif d’influence de l’armée israélienne, exploitant la confiance du public dans le label « vérificateur de faits » pour blanchir et légitimer une opération psychologique militaire. En se faisant passer pour une organisation de la société civile, elle a pu bénéficier de la portée des réseaux sociaux, de contacts avec des journalistes et de la supériorité morale habituellement réservée aux véritables initiatives de responsabilisation.

Les véritables vérificateurs de faits s’appuient sur la transparence, la méthodologie et l’indépendance éditoriale ; cette façade n’avait rien de tout cela — elle disposait d’une chaîne de commandement qui menait directement aux services de renseignement militaire de l’État d’Israël.

Regardez autour de vous, et soudain, bon nombre de ces « organismes de vérification des faits » bien financés qui ont vu le jour ces dernières années pour surveiller les discours sur les campus, les contenus des réseaux sociaux et la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien apparaissent sous un jour bien plus sinistre.

C’est un peu plus de la Hasbara (les fameux « Hasbros » obsessionnels et agressifs que vous rencontrez souvent sur le net ) mais un véritable système bien huilé bénéficiant du soutien d’États et de géants du numérique.

Ces organisations se présentent toujours comme des arbitres impartiaux de la vérité et qualifient systématiquement les déclarations pro-palestiniennes, les rapports de l’Organisation des Nations Unies et les conclusions relatives aux droits de l’homme de « fausses » ou « hors-contexte ».

Ces organisations au label vert distribuant des labels entretiennent toutes des liens étroits avec le gouvernement israélien, des think tanks proches de l’armée israélienne ou des sources de financement opaques.

L’un de leurs modus operandi est de détourner l’attention des exactions et abus de l’armée israélienne en inondant l’espace médiatique et informationnel de « démystifications » des affirmations de leurs critiques ou détracteurs.

Ces organismes à but non lucratif en tant qu’outils dissimulés de l’armée israélienne ne sont pas un cas isolé: c’est la norme.

Les véritables organismes de promotion de l’éducation aux médias respectent des normes strictes en matière de transparence et d’indépendance éditoriale. Les « vérificateurs de faits » israéliens, qui opèrent à la manière d’une opération se guerre psychologique, renversent ces valeurs : ils agissent dans le secret, reçoivent leurs ordres de l’État et se servent du langage de la vérité pour étouffer toute dissidence.

Cette histoire ne concerne pas seulement Israël et la Palestine. Elle touche à l’intégrité du patrimoine informationnel mondial. Si un État parvient à dissimuler sa machine de propagande sous le couvert d’une vérification indépendante des faits, d’autres feront de même — et c’est déjà le cas. La confiance que les véritables vérificateurs de faits ont mis des années à bâtir risque d’être détournée par des agences de renseignement qui comprennent que, dans le paysage médiatique actuel, le mensonge le plus efficace est celui qui se présente comme la vérité.

Le masque est tombé. Les organisations à but non lucratif de « vérification indépendante des faits », qui servent de façade à la guerre psychologique, ne sont pas les défenseurs de la vérité : ce sont ses fossoyeurs, qui enterrent la réalité sous une montagne de doutes artificiels tandis que les véritables atrocités se poursuivent en toute impunité.

La question est désormais de savoir si le public, les plateformes et la presse cesseront enfin d’amplifier ces mensonges soutenus par un État comme s’ils étaient des arbitres neutres.


Fediverse reactions

3 réponses à « Comment les PsyOps israéliennes se cachent derrière la vérification des faits pour faire taire les critiques à travers le monde »

  1. Le tout relayé par des médias subventionnés par les mêmes ou leurs acolytes, répété à l’envie par les idiots utiles de la diaspora médiatique, pour ensuite former l’opinion dominante d’abrutis atteints de panurgisme.
    Un petite affaire qui fonctionne bien.

  2. Good evening.
    I would like to know which media literacy organisations adhere to or have ever held to strict standards of transparency and editorial independence. Can you name one or two that you think are or were genuine?

  3. Il faudrait un cataclysme pour que la population et le médias qui sont supposés les renseigner se mettent à parler de ça et de toutes sortes d’autres choses. L’analogie de la matrice dans « Matrix », ou du monde des Moldus (muggles) dans l’univers de JK Rowling convient bien à la situation.

Commentaires/Discussion

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